Le 22 octobre 2026, Reuters a révélé que TSMC consultait ses fournisseurs sur des moteurs sans terres rares destinés aux équipements automatisés de ses usines. L’objectif rapporté : réduire l’exposition aux risques d’approvisionnement liés à la Chine. Il ne s’agit pas d’un déploiement annoncé par le fabricant taïwanais : les échanges seraient encore préliminaires, et TSMC a refusé de commenter. [1]
Des matériaux discrets, des mouvements indispensables
Dans ce dossier, la question porte sur les machines qui fabriquent les puces, et non sur une nouvelle composition des processeurs. Reuters s’appuie sur trois personnes informées du projet. Deux d’entre elles précisent qu’aucun déploiement généralisé des équipements envisagés n’a encore eu lieu. La distinction compte : sonder des fournisseurs permet d’examiner des options ; cela ne prouve pas qu’une solution de remplacement est déjà qualifiée pour la production. [1]Les terres rares regroupent 17 éléments chimiques. Leur nom ne signifie pas qu’ils sont tous extrêmement peu abondants : leur séparation et leur transformation constituent une difficulté essentielle. L’Agence internationale de l’énergie souligne leur rôle dans les aimants permanents performants, employés notamment dans les moteurs industriels. Ces aimants contribuent à obtenir des mouvements précis, des équipements compacts et une bonne efficacité énergétique. [2]
Changer un moteur suppose des compromis
Un moteur électrique transforme de l’énergie électrique en mouvement. Dans une architecture à aimants permanents, le rotor, partie mobile, comporte des aimants et fonctionne avec un stator fixe alimenté en courant. Le département américain de l’Énergie décrit aussi d’autres familles, comme les moteurs à induction ou à réluctance commutée. Toutes n’offrent pas les mêmes compromis entre rendement, encombrement, bruit et complexité de commande. [3]Cette documentation concerne principalement la traction automobile : elle éclaire les principes, mais ne permet pas d’identifier le moteur que retiendrait TSMC. Pour une usine de semi-conducteurs, la question pratique serait de conserver les performances nécessaires à chaque opération. Remplacer un matériau dans une chaîne industrielle ne se résume donc pas à choisir un composant sur catalogue.
Réduire une dépendance, sans annoncer sa disparition
L’enjeu dépasse l’extraction minière. Selon les données de l’AIE pour 2024, la Chine représentait 91 % de la production raffinée des terres rares utilisées dans les aimants. Cette concentration explique pourquoi une stratégie de diversification doit aussi considérer la transformation des matériaux et la fabrication des composants. [2]La piste rapportée par Reuters ne démontre ni une pénurie actuelle chez TSMC ni une sortie prochaine de cette dépendance. Elle montre une recherche d’alternatives. Pour mesurer son effet réel, il faudra disposer d’informations sur les équipements retenus, leurs essais et leur déploiement. En attendant, présenter ces discussions comme une transformation déjà accomplie des usines irait au-delà des éléments disponibles. [1]
Sources
[1]
Enquête sur les équipements TSMC — Wen-Yee Lee et Fanny Potkin, Reuters, via Yahoo Finance, 22 octobre 2026.[2]
Terres rares : synthèse — Agence internationale de l’énergie, rapport 2026. Source de contexte.[3]
Principes et recherche sur les moteurs électriques — Département américain de l’Énergie, date non indiquée. Source de contexte. Toutes les sources ont été consultées le 23 octobre 2026.
Crédit photographique
TSMC Fab 18 May 2025 — 4300streetcar, 27 mai 2025, via Wikimedia Commons, licence CC BY 4.0. Photographie d’archive de l’usine Fab 18 à Taïwan, utilisée comme illustration : elle ne montre pas les moteurs évoqués dans l’enquête. Version redimensionnée à 1 280 × 853 pixels, sans recadrage. Voir
la photographie originale et
la licence.