Le 3 novembre 2026, CAS Space a lancé 18 satellites SpaceSail, aussi appelée Qianfan, depuis Jiuquan, en Chine. Le décollage a eu lieu à 8 h 15, heure de Pékin. Ce deuxième vol de Kinetica 2 constitue sa première mission de déploiement en nombre pour cette constellation d’internet par satellite. Le constructeur annonce une insertion sur les orbites prévues. [1]
Une nouvelle mission pour un lanceur à ergols liquides
Kinetica 2, ou Lijian 2, utilise du kérosène et de l’oxygène liquide. Sa fiche technique indique une hauteur de 53 mètres et une masse de 625 tonnes au décollage. CAS Space lui attribue une capacité de 8 tonnes vers une orbite héliosynchrone de 500 kilomètres, dont le plan conserve approximativement la même orientation par rapport au Soleil. Cette capacité de référence ne donne pas l’altitude exacte des satellites de la mission du 3 novembre. [2]Les satellites forment le groupe polaire 21 de SpaceSail. Le deuxième étage a été allumé deux fois. CAS Space indique aussi avoir utilisé pour la première fois sur Kinetica 2 un dispositif de séparation déjà éprouvé sur d’autres lanceurs. L’opération ne consiste donc pas seulement à emporter plusieurs satellites : il faut les libérer selon la séquence prévue. [1]Pourquoi un réseau spatial a besoin de nombreux satellites
Une constellation est un ensemble de satellites organisés pour fournir un service commun. En orbite basse, les appareils se déplacent rapidement par rapport à un observateur au sol. Un satellite de télécommunications n’y reste visible depuis un même lieu que pendant une partie de son passage. L’Agence spatiale européenne explique que plusieurs appareils sont nécessaires pour maintenir la continuité du service. La proximité de la Terre réduit en revanche le temps de propagation du signal. [3]La logique diffère de celle d’un satellite géostationnaire, placé à environ 35 786 kilomètres au-dessus de l’équateur et paraissant immobile dans le ciel. Une antenne fixe peut alors garder la même direction. Avec un réseau en orbite basse, la connexion doit suivre le mouvement des satellites et passer de l’un à l’autre. Ajouter des appareils participe à la construction de cette infrastructure, mais leur seul nombre ne permet pas de calculer le débit disponible pour chaque utilisateur. [3][4]
Le lancement ne suffit pas à ouvrir un service
La Commission européenne rappelle, dans sa présentation des technologies d’accès à internet, qu’un système satellitaire comprend également des terminaux chez les utilisateurs, des stations terrestres reliées au réseau et des moyens de contrôle. Le segment spatial constitue une partie de la chaîne. Pour transporter une requête jusqu’à un service en ligne, il faut que ces différents éléments fonctionnent ensemble et que les relais de connexion soient assurés. [4]Cela explique l’intérêt de ces réseaux pour les territoires éloignés des infrastructures terrestres, sans faire de chaque mise en orbite une annonce de disponibilité commerciale. Le communiqué de CAS Space décrit le transport des satellites ; il ne fournit ni offre d’abonnement, ni tarif, ni calendrier d’accès pour l’Algérie. Aucune conséquence commerciale locale ne peut en être déduite. [1][4]
L’enjeu industriel sera désormais de répéter ce type de mission avec une préparation maîtrisée. CAS Space poursuit par ailleurs des travaux de récupération du lanceur : ce programme reste distinct du résultat annoncé pour ce vol. Pour SpaceSail, la progression du déploiement doit encore être distinguée des performances d’un service mesurées au sol. [1]
Sources
[1] CAS Space — Compte rendu du lancement, 3 novembre 2026.[2] CAS Space — Caractéristiques de Kinetica 2, documentation produit sans date affichée.
[3] Agence spatiale européenne — Comprendre les orbites, documentation pédagogique sans date affichée.
[4] Commission européenne — Comparaison des technologies d’accès à internet, documentation sans date affichée. Sources consultées le 4 novembre 2026.
