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Numérique

Niger–Algérie : la régulation des médias s’organise face au numérique

Les régulateurs nigérien et algérien préparent un partenariat pour la veille numérique et la formation. Sa mise en œuvre et ses garanties restent à préciser.

Par Rédaction AUVR Studio3 min de lecture
Façade et cour du bâtiment de la radio-télévision du Niger à Diffa

Le Niger et l’Algérie préparent une coopération plus étroite pour la régulation des médias. Annoncée le 24 octobre 2026, à la fin d’une visite de l’Observatoire national de la communication (ONC) en Algérie, cette démarche associe la veille numérique, la formation et le suivi des contenus audiovisuels. Un accord reste à élaborer. [1][2]

Des contenus qui franchissent les frontières

La délégation conduite par Ibrahim Manzo Diallo a échangé avec l’Autorité nationale indépendante de régulation de l’audiovisuel (ANIRA). Les discussions ont porté sur les plateformes, la télévision satellitaire et les services à la demande : leur diffusion dépasse les frontières, alors que les règles et les compétences des autorités restent différentes selon les pays. [1]
La dimension numérique ne se réduit donc pas à l’achat d’un outil de surveillance. Exemple pédagogique : lorsqu’une vidéo est produite dans un pays, hébergée par une plateforme étrangère et consultée dans plusieurs autres, repérer sa circulation et déterminer qui peut intervenir sont deux opérations distinctes. Le partage d’informations peut aider la première ; il ne règle pas, à lui seul, la seconde.

Former les équipes et organiser les échanges

Selon l’Agence nigérienne de presse, les axes envisagés comprennent le renforcement des moyens de veille, la formation des journalistes et techniciens, ainsi que la lutte contre la désinformation. Un groupe conjoint doit préparer le partenariat, avec des interlocuteurs permanents dans chaque institution. Une visite de l’ANIRA à Niamey est également envisagée. [1]
L’intérêt pratique d’une coopération de ce type dépendra de la précision de son programme : compétences effectivement transmises, responsabilités de chaque organisme et modalités des échanges. Une déclaration commune donne une direction ; elle ne permet pas encore d’évaluer l’efficacité du dispositif ou ses effets pour le public.

La transparence doit accompagner les moyens techniques

Les Principes de l’UNESCO pour la gouvernance des plateformes offrent ici un cadre de référence, distinct de ce partenariat. Ils placent la liberté d’expression et l’accès à l’information au centre de la régulation. Ils préconisent des procédures ouvertes, une supervision indépendante et des décisions fondées sur des éléments vérifiables. Les médias, la société civile et les chercheurs doivent aussi pouvoir examiner les politiques mises en œuvre. [3]
Cette exigence compte autant que les capacités de détection. Identifier une information contestée ne dispense pas d’expliquer la décision qui la concerne. Les prochaines étapes permettront de savoir comment les deux autorités traduisent leurs intentions en coopération opérationnelle, sans confondre les objectifs affichés avec des résultats déjà obtenus.

Sources

[1] Agence nigérienne de presse, Abdourahamane Salifou — Les axes du partenariat, 24 octobre 2026. Consulté le 25 octobre 2026.
[2] Algérie Presse Service — La coopération ANIRA–ONC, 24 octobre 2026. Consulté le 25 octobre 2026.
[3] UNESCO — Gouvernance des plateformes numériques, page de présentation des principes, source de contexte. Consultée le 25 octobre 2026.

Crédit photographique

Photo d’illustration : bâtiment de l’Office de la Radio et Télévision du Niger à Diffa, photographié le 12 octobre 2026. Elle ne représente pas la rencontre des régulateurs. « Office de la Radio et Télévision du Niger à Diffa 03.jpg », Barke11, via Wikimedia Commons. Original de la photographie ; licence CC BY-SA 4.0. Version redimensionnée à 1 280 × 960 pixels, sans recadrage.