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Informatique

Fujifilm veut quintupler sa capacité de production de bandes

Un investissement annoncé de 10 milliards de yens doit accroître la capacité de production à Odawara. La bande reste un outil d’archivage, avec des contraintes à anticiper.

Par Rédaction AUVR Studio4 min de lecture
Ancienne cartouche de bande magnétique Fujifilm LTO Ultrium 2 violette, photographie d’archive

Fujifilm a annoncé, le 29 octobre 2026, un investissement d’environ 10 milliards de yens sur son site d’Odawara, au Japon. Le fabricant veut porter sa capacité d’expédition de bandes magnétiques à environ cinq fois son niveau de l’exercice 2025, pour répondre aux besoins d’archivage associés notamment à l’IA générative. [1]


Le programme couvre les exercices 2026 à 2028 et prévoit des équipements de production supplémentaires ainsi qu’un renforcement des effectifs. Il concerne principalement les cartouches LTO Ultrium10. Le facteur cinq est un objectif industriel : il ne décrit ni une multiplication déjà réalisée des livraisons ni une augmentation équivalente de la capacité de chaque cartouche. [1]

Davantage de données dans une même cartouche

LTO, pour Linear Tape-Open, désigne un format de stockage sur bande. Sa dixième génération propose deux capacités natives, 30 et 40 téraoctets (To), selon le consortium qui définit la technologie. Les chiffres de 75 et 100 To correspondent, eux, à une hypothèse de compression de 2,5 pour 1. Cette distinction est essentielle pour dimensionner une archive. [2]
La compression réduit la place occupée par les données sans en supprimer le contenu. Son efficacité dépend de ce qui est enregistré : les fichiers qui ne peuvent pas être davantage compressés sont écrits tels quels. Une cartouche annoncée à 100 To « compressés » ne garantit donc pas ce volume pour tous les jeux de données. La capacité native demeure le repère matériel. [2]
Le format vise notamment les sauvegardes et la conservation de longue durée. L’augmentation de capacité permet de regrouper davantage de données sur un support, mais elle ne dispense pas de choisir ce qui mérite d’être conservé et de savoir retrouver les fichiers utiles. [2]

Une copie que le réseau ne peut pas atteindre

L’intérêt de la bande tient aussi à la possibilité de la retirer du lecteur et de la conserver hors ligne. Cette séparation physique, souvent appelée « air gap », coupe le chemin d’accès depuis le réseau vers la copie. Le consortium LTO présente ce mécanisme comme une protection complémentaire contre les rançongiciels, ces logiciels qui cherchent notamment à chiffrer les données pour bloquer leur accès. [4]
Cette logique suppose une organisation des sauvegardes. Le consortium recommande trois copies, sur au moins deux types de supports, dont une conservée hors site et une hors ligne. L’idée est de ne pas faire dépendre toutes les copies du même environnement connecté. La présence d’une cartouche ne suffit pas : c’est sa déconnexion effective et la gestion des copies qui donnent son sens au dispositif. [4]

La migration des archives reste à préparer

Une limite mérite d’être anticipée : les lecteurs LTO-10 ne lisent et n’écrivent que des cartouches LTO-10, qu’elles soient de 30 ou de 40 To. Ils ne prennent pas en charge les générations précédentes. La compatibilité dépend donc du couple lecteur-cartouche, pas seulement du nom LTO inscrit sur les équipements. [3]
Pour une organisation possédant déjà des archives, cette rupture impose de prévoir comment relire les anciens supports avant de retirer leurs lecteurs. À titre d’exemple, acheter un lecteur LTO-10 ne permet pas, à lui seul, de récupérer une archive LTO-9. Conserver temporairement des équipements compatibles ou organiser un transfert des données sont des points à intégrer à la préparation technique. [3]
À Odawara, l’enjeu annoncé reste la montée en capacité sur plusieurs exercices. Pour les utilisateurs, l’extension de l’offre de bandes devra s’accompagner d’un plan d’archivage cohérent avec leurs équipements et leurs besoins de conservation.

Sources

[1] Fujifilm — Investissement à Odawara, 29 octobre 2026. Consulté le 30 octobre 2026.
[2] LTO Program — Capacités et compression LTO-10, documentation technique sans date affichée. Consultée le 30 octobre 2026.
[3] LTO Program — Compatibilité des générations, documentation technique sans date affichée. Consultée le 30 octobre 2026.
[4] LTO Program — Sauvegardes hors ligne et rançongiciels, fiche technique sans date affichée. Consultée le 30 octobre 2026.
Photographie d’archive et d’illustration : ancienne cartouche Fujifilm LTO-2, photographiée en 2016. Elle ne représente pas une cartouche LTO-10 ni l’investissement annoncé. © T2hep, via Wikimedia Commons — Photo originale — Licence CC BY-SA 4.0. Fichier original de 1 860 × 1 362 pixels, sans recadrage ni modification.