Le 2 novembre 2026, Ericsson a présenté un système permettant aux réseaux mobiles de détecter des drones, même non connectés. Ses premiers pilotes commerciaux sont annoncés pour 2027. [1]
Des ondes qui transportent des données et repèrent des objets
Le principe consiste à analyser les réflexions des signaux radio sur les objets. Plusieurs sites émettent et reçoivent ces signaux depuis des positions différentes. Cette architecture dite « multistatique » exploite plusieurs angles d’observation. Le système associe radios adaptées, calcul proche des antennes, traitement du signal et intelligence artificielle. Il doit compléter les radars et les autres capteurs. [1]Une démonstration distincte, présentée avec Telia en Suède le même jour, donne une idée du résultat attendu : le réseau produit des mesures de position, de vitesse et d’élévation des cibles. Ericsson précise qu’elle s’appuie sur des radios 5G modifiées capables de suivre plusieurs drones. Il ne s’agit donc pas d’une fonction automatiquement présente sur toute antenne en service. [2]
Une expérimentation liée aux travaux sur la 6G
À Stockholm, Telia et Ericsson ont aussi signé un protocole de coopération sur la future génération mobile. Les partenaires prévoient des essais avec des entreprises, des chercheurs et des acteurs publics. Ils ont montré une liaison radio expérimentale dans la partie haute de la bande des 6 GHz. Cette liaison et la démonstration de détection sont deux expériences différentes ; elles ne constituent pas le lancement d’un réseau 6G commercial. [2]La détection intégrée aux communications, ou ISAC selon son sigle anglais, figure parmi les six grands usages envisagés par l’Union internationale des télécommunications pour IMT-2030, le cadre de la 6G. Dans sa présentation du 17 mars 2026, l’UIT décrit vingt exigences techniques destinées à évaluer les futures interfaces radio. Le travail porte donc aussi sur la façon de comparer les technologies, au-delà des démonstrations de chaque constructeur. [3]
Les premiers services arriveraient par étapes
Ericsson prévoit d’abord de petits pilotes consacrés à la détection en 2027, puis des déploiements plus larges en 2028. Les performances réelles dépendront notamment du terrain, des cibles et de la disposition des sites. [1]Cette réserve rejoint une distinction soulignée par l’UIT : des exigences techniques communes permettent d’évaluer une proposition, mais ne garantissent pas le résultat d’un déploiement réel. Dans son calendrier publié en mars, l’organisme prévoit une étape d’approbation du rapport technique en décembre 2026. Ces travaux de normalisation et les essais commerciaux suivent des étapes distinctes. [3]
Pour un exploitant, l’enjeu sera de savoir quelles zones son réseau peut observer et avec quelle continuité. La valeur du système se mesurera à cette couverture effective, puis à son intégration avec les équipements de surveillance déjà utilisés.
Sources
[1] Ericsson — Présentation du système ISAC, communiqué du 2 novembre 2026. Consulté le 3 novembre 2026.[2] Ericsson et Telia — Démonstrations et coopération en Suède, 2 novembre 2026. Consulté le 3 novembre 2026.
[3] Union internationale des télécommunications — Exigences techniques IMT-2030, 17 mars 2026, référence de contexte. Consulté le 3 novembre 2026.
