Le 30 octobre 2026, Cursor a précisé son alerte sur une copie malveillante de l’extension Claude Code : les versions 2.1.312 et 2.1.313 distribuées par sa place de marché sur Windows et macOS sont concernées. Le fait nouveau porte sur ce périmètre et les indices de compromission, après l’incident du 29 octobre. Pour les développeurs exposés, retirer l’extension ne garantit pas un nettoyage complet. [1]
Deux numéros de version, un canal précis
Selon Cursor, la distribution a duré environ onze heures, le 29 octobre entre 09 h 27 et 20 h 35 UTC, soit 10 h 27 à 21 h 35 en Algérie. L’éditeur indique avoir retiré les fichiers, audité puis reconstruit sa place de marché et fait neutraliser le serveur de l’attaquant. [1]StepSecurity apporte une distinction décisive : une version 2.1.312 portant le même numéro sur Open-VSX était saine. Ses chercheurs ont vérifié séparément ces fichiers. Ils rapportent aussi la clarification d’Anthropic : la 2.1.313 n’a pas été publiée sur ses canaux officiels, ni sur Open-VSX ou le Microsoft Visual Studio Marketplace. Le numéro seul ne permet donc pas de reconstituer l’exposition ; il faut retrouver la provenance et la date d’installation. [3]
Microsoft confirme que les paquets malveillants analysés n’ont pas été distribués par son magasin d’extensions ni par le paquet officiel Claude Code sur npm. Anthropic lui a indiqué que ses propres systèmes n’avaient pas été compromis. Cette délimitation évite d’assimiler tous les utilisateurs de Claude Code aux utilisateurs concernés de Cursor. [2]
Une extension peut agir dès son chargement
L’analyse de StepSecurity montre que le code ajouté s’exécute au chargement de l’extension. Aucun échange avec l’assistant n’est nécessaire. Le fichier conserve l’essentiel de l’extension légitime, auquel s’ajoute un programme chargé d’installer une présence durable sur la machine. Les chercheurs décrivent notamment des mécanismes de relance et une collecte d’informations sur le poste. [3]Microsoft explique que le programme essaie d’ajouter une clé SSH contrôlée par l’attaquant, d’activer le service de connexion à distance et de créer un tunnel inverse. SSH est un protocole d’administration distante ; ici, le tunnel vise à établir un chemin depuis le poste vers l’extérieur. La réussite dépend toutefois des privilèges et de la configuration : une capacité observée dans le code n’équivaut pas à un accès réussi sur chaque ordinateur. [2]
Cursor précise que l’activation du service échoue sur la plupart des postes dépourvus des droits nécessaires. Des clés et mécanismes de persistance peuvent néanmoins rester, tandis que des informations sur la machine ont été transmises. La collecte décrite comprend des noms de variables d’environnement, ce qui ne démontre pas, à lui seul, le vol de leur contenu. [1]
Reconstituer l’exposition avant de conclure
Microsoft recommande de rapprocher l’historique d’installation des traces du poste et du réseau, de préserver les éléments utiles à l’enquête puis de supprimer les artefacts confirmés. Une recherche négative du seul marqueur « svc-telemetry » ne suffit pas à déclarer une machine saine. La révocation des sessions et le renouvellement des identifiants doivent suivre l’évaluation de l’exposition. [2]StepSecurity insiste sur un point pratique : les programmes de persistance peuvent survivre à la suppression de l’extension. Ses recommandations renvoient aux outils de nettoyage publiés par Cursor et à l’examen des journaux d’authentification. L’enjeu est de rétablir la confiance dans le poste, pas seulement d’installer une version portant un numéro plus récent. [3]
