Des astronomes utilisant les archives de l’observatoire spatial Chandra annoncent une classe d’objets qui ne correspond clairement à aucune population déjà connue. Les chercheurs ont identifié 84 sources dites « hypersoft » dans six galaxies différentes.
Une nouvelle classe repérée dans six galaxies
Deux des galaxies étudiées sont spirales, dont Andromède et M101, tandis que quatre autres sont elliptiques. Les objets apparaissent aussi bien dans des régions où naissent de nouvelles étoiles que dans des zones dominées par des populations stellaires plus anciennes.
L’équipe les a trouvés en comparant plusieurs bandes d’énergie. Les sources restent visibles dans les images de rayons X les moins énergétiques, mais disparaissent lorsque l’observation se concentre sur des photons plus énergétiques.
Des rayons X faibles mais beaucoup d’ultraviolet
Le terme hypersoft décrit précisément ce profil dominé par les rayons X de faible énergie. Comme cette partie du spectre borde l’ultraviolet énergétique, les calculs indiquent que ces objets doivent également émettre de grandes quantités de rayonnement ultraviolet.
Ce rayonnement est difficile à observer directement, car le gaz d’hydrogène et d’hélium présent entre les étoiles l’absorbe. Les rayons X deviennent donc une manière indirecte de repérer une population autrement cachée.
Des systèmes binaires parmi les principales pistes
Les astronomes envisagent un trou noir, une étoile à neutrons ou une naine blanche attirant la matière d’une étoile compagne. En tombant, cette matière chauffe et produit des rayons X. Des systèmes comparables sont connus, mais pas avec cette combinaison d’ultraviolet intense et de rayons X très doux.
Certaines naines blanches qui accumulent de la matière peuvent finir par exploser en supernova de type Ia. Mieux comprendre ces systèmes aiderait donc aussi à étudier les explosions utilisées pour mesurer l’expansion de l’Univers.
Pourquoi les archives de Chandra restent précieuses
Les données analysées étaient déjà disponibles publiquement. Leur réexamen avec une méthode ciblée a révélé des signaux passés inaperçus lors des premières études.
Cette découverte illustre la valeur scientifique des archives ouvertes : de nouvelles questions et de meilleurs outils peuvent transformer d’anciennes observations en résultats inédits. Des mesures complémentaires seront nécessaires pour déterminer la nature exacte des 84 objets.
Source officielle et crédit image : NASA Science — découverte officielle des sources hypersoft de Chandra.
