La NASA a présenté le 23 octobre 2026 une nouvelle architecture pour ses missions lunaires, tout en détaillant les essais d’Artemis III prévus en 2027. L’objectif reste un retour d’astronautes sur la surface de la Lune en 2028. Mais ce calendrier dépend encore de démonstrations techniques, et aucun des deux fournisseurs d’atterrisseurs n’est définitivement affecté à une mission d’alunissage. [1][2]
Deux chemins pour atteindre la Lune
SpaceX et Blue Origin ne suivraient plus un schéma orbital commun. Dans le scénario de SpaceX, Orion rejoindrait Starship autour de la Terre avant que l’ensemble poursuive vers une orbite lunaire basse. Le ravitaillement de Starship dans l’espace, avec plusieurs vols de ravitailleurs et un dépôt, demeure nécessaire. [1]Blue Origin prévoit de son côté trois étages de transfert assemblés en orbite terrestre pour acheminer son atterrisseur Blue Moon Mark 2 Alpha. Cette configuration repousse le transfert de carburant dans l’espace et vise une orbite lunaire polaire elliptique. Les deux entreprises doivent encore réaliser une démonstration sans équipage avant de transporter des astronautes vers le sol lunaire. [1]
L’enjeu dépasse donc le choix d’un véhicule. Il porte sur l’enchaînement de lancements, de rendez-vous et de manœuvres qui doivent fonctionner comme un seul système. Notre lecture : modifier cet enchaînement peut déplacer les difficultés techniques, mais ne permet pas, à lui seul, de conclure qu’elles sont résolues.
Artemis III sera une répétition près de la Terre
La mission annoncée pour 2027 doit durer environ quatorze jours en orbite terrestre basse. Quatre astronautes voyageront dans Orion : Randy Bresnik, Frank Rubio et Andre Douglas pour la NASA, ainsi que Luca Parmitano pour l’Agence spatiale européenne. Il ne s’agit pas d’un vol d’alunissage. [2]Orion doit d’abord rejoindre une version d’essai de Blue Moon. L’équipage pourra entrer dans sa cabine pour évaluer notamment les commandes, l’atmosphère et les systèmes de maintien en vie. Une seconde séquence concernera une version d’essai de Starship : l’amarrage est prévu pour durer jusqu’à deux heures, sans transfert des astronautes à l’intérieur. [2]
Ces opérations doivent mettre à l’épreuve les communications, les logiciels et la maîtrise des mouvements des engins une fois reliés. Elles permettent de vérifier des interactions difficiles à reproduire entièrement au sol. Deux véhicules opérationnels séparément ne forment pas automatiquement un ensemble prêt à transporter un équipage. [2]
2028 : un objectif soumis aux résultats des essais
La NASA indique que la disponibilité réelle des atterrisseurs guidera leur affectation. Le prochain critère décisif n’est donc pas seulement une date annoncée, mais la réussite des démonstrations et des étapes de qualification. [1]Cette distinction est essentielle pour lire le programme : une architecture décrit la manière dont une mission doit se dérouler ; un essai montre si ses éléments fonctionnent ensemble ; une qualification établit qu’ils répondent aux exigences retenues. L’annonce du 23 octobre précise le premier point et prépare le second. Elle ne constitue pas une garantie d’alunissage à l’échéance affichée.
Sources
[1] Architecture des atterrisseurs — NASA, Corinne Beckinger, 23 octobre 2026. [2] Déroulement prévu d’Artemis III — NASA Communications, 23 octobre 2026. Sources consultées le 24 octobre 2026.Photographie d’illustration d’archive : bord de la Lune photographié par l’équipage d’Artemis II le 6 avril 2026, image art002e012632, crédit NASA. Elle ne montre pas les futurs essais d’Artemis III. Version redimensionnée fournie par la NASA, sans autre retouche. Photo originale · Conditions d’utilisation NASA : réutilisation éditoriale autorisée avec crédit, sans implication de soutien au site.
